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Trump veut amener l'Iran à négocier, Téhéran dit camper sur ses positions
information fournie par Reuters 26/03/2026 à 18:32

(Actualisé avec Trump, responsable iranien, précisions)

par Parisa Hafezi, Steve Holland et Alexander Cornwell

L'Iran juge que le plan proposé par les Etats-Unis pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient est "à sens unique et injuste", a déclaré jeudi à Reuters un haut responsable iranien, alors que Donald Trump assure, en le menaçant, que le régime de Téhéran veut à tout prix conclure un accord de paix.

Selon le responsable iranien interrogé par Reuters, la proposition a été "examinée en détail mercredi soir par de hauts responsables iraniens et le représentant du guide suprême".

Elle n'offre cependant pas les conditions minimales nécessaires pour aboutir et ne sert que les intérêts américains et israéliens, a-t-il dit, tout en soulignant que la voie diplomatique n'était pas épuisée en dépit de l'absence de plan réaliste pour le moment.

Lors d'une réunion de son gouvernement à Washington, Donald Trump a affirmé que les Iraniens, qu'il a décrits comme de "très bons négociateurs", "supplient de conclure un accord, pas moi".

"Ils ont désormais l'opportunité, l'Iran, de renoncer de façon permanente à leurs ambitions nucléaires et d'emprunter une nouvelle voie", a déclaré le président américain. "Nous verrons bien s'ils souhaitent le faire. S'ils ne le veulent pas, nous serons leur pire cauchemar. En attendant, nous allons continuer à les anéantir."

L'incertitude persistante sur l'issue du conflit, déclenché par des bombardements israéliens et américains sur l'Iran le 28 février, et qui entrera samedi dans sa cinquième semaine, pèse de plus en plus lourd sur les perspectives économiques mondiales, la flambée des cours du pétrole alimentée par la fermeture partielle du détroit d'Ormuz par Téhéran entraînant des conséquences en cascade sur de nombreux secteurs, face auxquelles les gouvernements peinent à trouver la parade.

PLAN AMÉRICAIN EN 15 POINTS

Steve Witkoff, l'émissaire de Donald Trump, a pour la première fois confirmé que Washington avait transmis à l'Iran, par l'intermédiaire du Pakistan, un plan de paix en 15 points.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a déclaré que des "discussions indirectes" avaient lieu entre les Etats-Unis et l'Iran à travers des messages relayés par Islamabad, appuyé par d'autres pays médiateurs comme la Turquie et l'Egypte.

Son homologue iranien, Abbas Araqchi, a toutefois déclaré mercredi que ces échanges de messages ne pouvaient être qualifiés de "négociation" ou de "dialogue".

Toute négociation, si elle devait s'instaurer, s'annonce plus que complexe au vu des positions irréconciliables affichées pour l'heure par les belligérants.

Selon des sources et des informations relayées par les médias, le plan américain prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz, la suppression du stock iranien d'uranium hautement enrichi, une limitation du programme iranien de missiles balistiques et l'arrêt par Téhéran du financement de ses alliés régionaux.

L'Iran, qui a durci ses exigences depuis le début du conflit, réclame de son côté des garanties de non-agression, des indemnités de guerre et revendique la souveraineté sur le détroit d'Ormuz, selon des sources iraniennes.

Il a également informé les intermédiaires que le Liban devait être inclus dans tout accord de cessez-le-feu, selon six sources régionales au fait de la position iranienne, alors que le Hezbollah libanais s'est engagé depuis le 2 mars dans le conflit en soutien à Téhéran.

Les observateurs se demandent si les Etats-Unis veulent réellement mettre fin au conflit ou ne cherchent qu'à gagner du temps pour calmer les marchés, pendant qu'ils préparent une intervention terrestre, relève un diplomate occidental en qualifiant la position de Washington de "maximaliste".

Après quasiment un mois de frappes aériennes, le Pentagone prévoit de déployer des milliers de troupes aéroportées dans la région du Golfe afin d'offrir à Donald Trump davantage de latitude pour ordonner un éventuel assaut terrestre, ont dit des sources à Reuters, précisant que deux contingents de "marines" étaient déjà en route.

POURSUITE DES BOMBARDEMENTS

Le président américain n'a pas précisé l'identité des interlocuteurs de Washington côté iranien, alors que la campagne de bombardements israélo-américains a tué de nombreux dirigeants de la République islamique en près de quatre semaines, dont le guide suprême Ali Khamenei dès le premier jour.

Une source pakistanaise au fait des discussions a dit jeudi à Reuters qu'Israël avait accepté de retirer Abbas Araqchi et le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, de sa liste des "cibles" à éliminer à la suite d'une demande en ce sens adressée aux Etats-Unis par le Pakistan.

Israël a en revanche annoncé avoir tué le commandant des forces navales des Gardiens de la révolution, corps d'élite de la République islamique d'Iran, et poursuivi ses bombardements. Des explosions ont retenti jeudi soir à Téhéran.

L'Iran a tiré plusieurs salves de missiles sur Israël. Au moins un missile balistique a touché Tel Aviv, selon l'armée. Un homme a été tué à Nahariya après un tir de roquettes du Hezbollah sur cette ville du nord d'Israël, ont rapporté les services ambulanciers.

A Abou Dhabi, deux personnes ont été tuées et trois autres blessées par des débris d'un missile balistique iranien intercepté dans les airs, ont dit les autorités locales.

L'Iran a surtout de facto pris le contrôle du détroit d'Ormuz en menaçant de frapper tout navire dont il refuserait le passage via cette voie essentielle au commerce mondial du pétrole, ce que le sultan Al Jaber, patron de la compagnie pétrolière émiratie ADNOC, a qualifié mercredi de "terrorisme économique".

Jeudi, lors de son conseil des ministres, Donald Trump a laissé entendre que l'Iran allait laisser passer dix pétroliers par le détroit, dont certains battant pavillon pakistanais, en signe de bonne volonté pour faciliter des négociations. Prendre le contrôle du pétrole iranien est une option, a ajouté le président américain, refusant d'en parler davantage.

Les prix du pétrole ont rebondi d'environ 6% jeudi, l'inquiétude perdurant sur l'impact d'un conflit prolongé pour l'économie mondiale.

VOIR AUSSI le déroulé de la journée EN DIRECT

(Bureaux de Reuters, rédigé par Lincoln Feast, version française Bertrand Boucey et Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault)

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